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Nostalgie 2175, d'Anja Hilling

  • Gaëlle Cabau
  • 13 juin 2023
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 juin 2023


Je profite des derniers jours de cours pour partir à la recherche d'une pièce à jouer pour mes futurs secondes. La tâche n'est pas facile, et je vais souvent taper dans les écritures contemporaines pour ce niveau.


C'est dans cet optique que j'ai lu Nostalgie 2175, séduite par son point de départ.


Dans Nostalgie 2175, à la suite d'un désastre survenu en 2101, la température sur la terre atteint 60 degrés. Les humains ne peuvent plus vivre sans tenue de protection et les femmes ne peuvent enfanter sans perdre la vie. Alors qu'elle est amoureuse de Taschko, dont le corps entièrement brûlé ne peut être touché, Pagona tombe enceinte d'un autre. Malgré les risques, elle décide de garder le bébé pour Taschko. Elle parle à l'enfant qu'elle porte, la poésie devenant une arme contre la violence du monde.


Force est de constater que la dystopie n'est pas un genre privilégié par le théâtre. Pourtant, depuis quelques années, les textes dystopiques se multiplient pour venir dire, à travers la fiction, les maux de notre époque.


Ici, la pièce interroge notre rapport à la planète, aux autres, le sens à donner à la vie dans un monde voué à la disparition. Si le côté sombre de son univers m'a interpellée, j'ai été globalement déçue par sa lecture. J'ai trouvé que la pièce quittait très rapidement les mondes de demain pour la narration d'une histoire quotidienne. Et alors que j'aime normalement particulièrement les textes poétiques, ici le côté nébuleux de l'écriture m'a éloignée des enjeux premiers de la pièce.


Par une température record de 81 degrés Celsius,

Dans la deuxième année du XXII° siècle

Une journée d'août

A coupé le jus au monde entier.

Âmes humaines courant électrique

Écrans systèmes d'ordinateur

Liaisons téléphoniques

Moteurs de voiture carrosseries en tôle

Peau douce sur les organes

Organismes frêles

Ont fondu

Comme autrefois les coeurs à la vue d'une belle femme.

Arrêt.

Gestes enragés fréquence élevée du pouls coups de téléphone à l'air libre

Voitures guerres cris des abattoirs

Rien de plus qu'un souvenir confus.

Le soleil ne s'est plus montré depuis lors.

La température s'est stabilisée

À une hauteur moyenne de 60 degrés Celsius.

Une reconversion a commencé.

Réveil sous de nouvelles conditions.

Sclérose des voies respiratoires.

Obstruction des conduits auditifs.

Réduction de la vue à 30 pour cent.

Disparition de la muqueuse nasale sous le pus et les cloques.

Cavité buccale noires.

Paralysie de la langue.

Ciel bas.


Si la pièce ne m'a pas convaincue, elle m'a cependant donné envie d'en savoir plus sur l'autrice, notamment son texte Tristesse animal noir.


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